dimanche 6 décembre 2020

La Lecture et l'Ecriture : Magie Pure !

 Je souhaite revenir sur la réponse de Clotilde à mon article. Clotilde parle d’un passage de relais par l’auteur. Ce qui est très touchant venant d’une lectrice, et qui rejoint aussi ce qu’écrit une grande conteuse Pamela L. Travers, la maman de Mary Poppins. Dans un texte inédit en français, inclus dans « Mary Poppins : La maison d’à côté », traduit par Thierry Beauchamp, elle note qu’ « Un écrivain n’est que la moitié de son livre. L’autre moitié est le lecteur » . C’est un peu court mais le texte l’est et , sachant que Pamela L. Travers a étudié Jung et les mythes une grande partie de sa vie, je pense qu’elle serait d’accord qu’il y a un troisième « larron » à ce couple mais là n’est pas mon propos.

L’œuvre est une rencontre et elle engage par elle-même un dialogue avec le lecteur. Elle entraîne une certaine intimité, au point où on peut ressentir un dialogue « d’âme à âme ». C’est en tout cas ce que je ressens en tant que lectrice/contemplatrice pour certains artistes et/ou écrivains et c’est de cette façon que je l’ai compris quand une amie autrice m’a confiée « être heureuse et soulagée » d’avoir enfin « trouver sa famille d’écrivains ». En tant que lectrice, je ressens une grande proximité avec certains auteurs qui me font « vibrer » et m’ enthousiasment « profondément ». Cela peut vous sembler exagéré mais j’ai énormément appris des romans lus durant mon enfance et mon adolescence et je continue d’apprendre d’eux… L’influence des livres est telle pour moi que « L’œuvre de Dieu la part du Diable » de John Irving a grandement contribué à ma décision de rentrer en fac de médecine (car c'est un secret de polichinelle). Non seulement les livres m’ont ouvert des champs de pensées et de connaissances importantes (et j’entends surtout des œuvres de fiction), mais ils m’ont aussi soignée et inspirée. Les livres ne sont pas seuls : Les tableaux, la musique aussi, l’amitié, l’amour, etc… Mais je témoigne en tant que lectrice. En tant que lectrice, du temps où je soignais, j’ai aussi proposé des ouvrages à mes patients qui m’ont eux-mêmes partager leur découverte (Et j'ai appris au décours que la "bibliothérapie" c'était institutionnalisée). Et comme certaines oeuvres nous marquent, il est normale que nous y répondions à notre tour par la création... On parle toujours de "pour qui nous écrivons" mais la seule fois où j'ai entendu que nous écrivions pour des textes que nous avions lû c'était durant le festival du polar de Villeneuve les Avignons, durant l'allocution d'un écrivain que j'admire: . Pour ma part, j'en ai parler "en passant" pour "Mi Vampire". J'en avais clairement conscience. Par contre c'est écoutant que cela m'est apparu plus clairement et je dois vous avouer que j'ai écrit « Hachiko au Pays de la Nuit » c’est en hommage à « Maître et Marguerite » de Mikhaïl Boulgakov. Et je dois aussi invoquer Hayao Miyasaki. Pour ce dernier, il semble que de nombreux lecteurs l’aient remarqué… Je ne résiste pas du coup, vue que je l'ai découverte hier soir : j’ai été très émue par la critique d'un certain « Patrick-François » sur amazon, que je ne connaissais pas jusque-là et qui n’est autre que JC Gapdy auteur de SF (qui signe aussi une nouvelle dans l’Anthologie Freakshow et que, je répète, je n'ai encore jamais rencontré). Il a vu en « Hachiko au Pays de la Nuit » un je ne sais quoi du « voyage de Chihiro ». Comme écrit Pamela L. Travers, "le lecteur nous donne des indices"… Or je n’avais pas du tout fait le lien ! Mais ce n’est pas si étonnant, Le voyage de Chihiro est un de mes film préférés… Pour ce qui est de Boulgakov, il n’est malheureusement pas un auteur très connu… Et pourtant « Maître et Marguerite » est pour moi « un chef d'oeuvre » et je « rêve » de la relire dans la nouvelle traduction de André Markowicz.

Bref pour finir : L’écriture et la lecture vous l'aurez compris sont Magies…

 

dimanche 29 novembre 2020

2020 Armada et Ska même combat !

Dans un peu plus d'un mois, l'année 2020 aura passé l'arme à gauche (si l'on croit à une historicité linéaire) et bien entendu, si j'ai parlé brièvement du Roi Pervers (nouvelle fantastique que j'ai auto-publiée cet été) et si j'ai résumé ce qui était à venir dans un premier post, je n'ai aucunement parlé des sorties de 2020. 

Elles ne sont pas nombreuses du reste mais "quand même" il est judicieux que je vous en parle pour "passer le relais" et par ce que je suis fière d'avoir trois nouvelles publiées dans trois anthologies et ce, en très très bonne compagnie, vue les auteurs talentueux!!!! J'en profite aussi pour remercier les deux maisons d'éditions Armada et Ska de m'avoir fait confiance, et puisque ça fait du bien de dire "merci" je remercie encore la directrice des anthologies chez Ska, Jeanne Desaubry, et celle chez Armada, Frédéric Czilinder. Pour 2020, vous pouvez donc me lire et en plus lire d'autres autrices et auteurs ultra-talentueux et reconnus dans les domaines de la SFFF  ou du "rose, rouge et du noir" (Bref que du "mauvais genre" en littérature que je revendique avec gourmandise). Je ne vous cache pas que les sujets m'ont enthousiasmée. 

Pour Freakshow:

 


Quand, durant un festival (du temps où il y en avait), Patrick Eris m'a parlée de l'anthologie sur le thème du cirque supervisée par Fréderic Czilinder, j'avoue que mon sang s'est figé. J'avais tellement envie d'écrire sur ce sujet! J'avais même "commis" un scénario BD quelques années auparavant en duo avec mon compagnon  mais nous l'avions lâchement abandonné. Le cirque pour moi c'est Freaks de Tod Browning. Bien sûr mes références ne se résument pas à ce film mais quand j'entends "cirque" c'est toujours la première vision qui me vient tant j'ai été troublé par ce chef d'oeuvre. J'ai donc écrit une nouvelle fantastique qui parle d'hypnose, de magie et où je rends hommage à Dickens en toute première partie (Oliver Twist). Oui ce n'est pas très cirque vous me direz... mais le personnage principal est arrivé sans crier gare en me disant "regarde moi je suis là". Et puis, n'y a-t-il pas un lien entre voleurs à la sauvette et cirque? les chenapans d'Oliver Twist sont des parias de la société comme les gens du voyage, les artistes ambulants, les artistes de mauvais genre parfois aussi... Comme j'ai reçu quelques exemplaires de "Freakshow" (j'aime bien l'illustration de Jean Mathias Xavier!), si vous souhaitez un exemplaire papier avec une griffure et peut être même un dessin et bien faites le moi savoir (en répondant à ce post ou sur facebook ou instagram). Si vous préférez le prendre en version papier chez l'éditeur (voici le lien) ou en ebook (voici le lien).

Pour 500 et l'Année en Pente raide :

 


L'anthologie "500" fête les 500 titres publiés par Ska et pour cela les autreurs et autrices maisons ont été appelés pour commettre un texte de 500 mots. Je n'écrivais plus depuis un moment et, sollicitée par Jeanne lors des rencontres 813, j'ai enfin été saisie par la fièvre de l'écriture et je me suis retrouvée (à nouveau) dans la tête d'un psychopathe. Comme toujours (si vous n'avez pas remarqué dans le noir ou le pulp) je me moque un peu aussi d'un phénomène de société, ici ? C'est un secret de Polichinelle... Sortie en janvier vous pouvez vous la procurer en ebook (voici le lien)

"L'Année en Pente raide" parle de cette année de M... ou du moins est déclenchée par 2020 mais il y en a pour tous les goûts: rose, rouge, et noir. Cette fois-ci des nouvelles plus longues. Pour ma part, encore du noir... Mais la protagoniste qui est apparue durant une nuit de désolation complète m'a insufflée une histoire plus longue. Bien plus. Du coup la nouvelle au titre "Kali" fait bien 5000 mots mais elle se poursuit et s'étoffe partant dans des méandres où tout n'est pas noir mais plus fantastique, un fantastique qui rappelle Hachiko. Et me voilà coincée depuis quelques jours pour n'avoir pas écrit le synopsis entier mais c'est ainsi! Et puis je m'émerveille en faisant des recherches sur les surréalistes, Chesterton, et d'autres... Cette étape d'écriture est très enrichissante mais prend du temps, beaucoup... L'écriture n'est que le hait de l'iceberg. J'en reparlerai... Je rajoute que L'année en Pente raide sort imminemment alors vous pourrez bientôt vous le procurer en ebook (voici le lien)

Enfin, si vous lisez, n'hésitez pas à le faire savoir. Les autrices et auteurs sommes toujours heureux d'avoir des retours. Même les critiques sont bonnes à entendre... Si elles ne sont pas injurieuses bien entendu. Quoique... C'est une autre histoire...

dimanche 22 novembre 2020

Ecrire pour être lûe ou la question de ce qu'est être artiste...

Je finissais mon dernier article sur "Qu'est-ce qu'un écrivain sans lecteurs"? Et j'avais envie de revenir dessus. D'autant que j'ai été confrontée à cette question jeune adolescente et que depuis que j'écris "pour être lue" je me la pose par salve... Alors cher lecteur, voici un petit billet...

Jeune ado, j'avais fait la connaissance, durant mes vacances, d'une femme totalement sulfureuse pour moi puisque "new-yorkaise, ayant vécu des aventures incroyables comme se retrouver dans une tempête de neige en sortant du métro alors qu'il faisait 30°(l'univers m'a entendue et j'ai connu ça quelques années plus tard à Montréal et c'était magique et tout à fait "glaçant") ou se faire piéger par un "space-cake" (ouf j'en ai réchappé!)".  Vivant avec une mère digne d'une héroïne d'Almodovar je ne vois pas au fond pourquoi elle me paraissait sulfureuse mais l'herbe est toujours plus verte ailleurs et la cinématographie était pour beaucoup dans mon cas (à l'époque j'étais notamment fan de Woody Allen, pas très original)... Toutefois le principal n'était pas son origine géographique mais sa profession puisqu'elle était ... "écrivaine" (à l'époque non féminisée puisqu'il y avait eu purge)... C'était pour moi tout à fait enthousiasmant puisque je dévorais les livres et écrivais... Mais cette première rencontre avec une autrice  fut bizarre. Non seulement je n'avais pas à faire à une autrice reconnue genre JK Rolling ( je vous arrête c'était bien avant Harry Potter) et surtout elle affirma un fait qui réfute l'idée qu'un écrivain ait besoin de lecteurs. La chère inconnue qui devait avoir une quarantaine d'années, me dit qu'elle ne cherchait pas à être publiée, ne l'était pas et se fichait d'être lue. Pourtant elle n'écrivait pas que son journal et elle se définissait comme écrivaine. C'était pour moi incompréhensible et je crois quand même que cela reste paradoxal... Et pourtant... 

 

Arriverai-je à m’expliquer ? Pas sûre, mais je me lance... La création (car au fond ce n'est pas que l'acte d'écrire) ne demande pas un public, elle n'est pas commandée ni dictée par un public pour être plus précis. La création n'est pas de la standardisation. La création est unique, inhérente à son auteur. Créer est un besoin, une nécessité incontournable. C'est ainsi que nombreuses méthodes de bien être, développement personnel ou de thérapie comme l'art-thérapie, le journal créatif (...) se développent dans nos contrées où notre âme est en souffrance. Et bien sûr que ça marche ! Mais si l'on tient un journal créatif est-on artiste? Ma réponse sera double "oui" et "non". Oui car notre âme a besoin de s’exprimer grâce à notre enfant artiste intérieur. Nous sommes foncièrement tous artistes. Pour autant  ce n'est pas parce que je tiens un journal ou j'écris des histoires que je suis autrice. 

 

Qu'est-ce qui fait que l'on se définisse comme « artiste » ? Est-ce de rendre publique et donc d’avoir un public ? Je ne crois pas non plus, même si ce n'est pas totalement vrai. Je crois que ce qui définit être « artiste » revêt un caractère qui n’est pas « à la mode actuellement car pourvu de relents dramatiques » mais qui me semble juste et qui se résumerait à: "je ne peux pas faire autrement et si je fais autrement je peux en mourir car je perds de vue mon âme". Créer est une chose sérieuse même si on peut énormément s'amuser quand on autorise notre enfant artiste à se déchaîner eheheh! (mais pas que...) La création endosse non seulement un caractère vital (je parlais de "respirer" dans l'article précédent) mais demande aussi de payer un prix pour elle. Et ça ce n’est pas à la mode dans notre société où tout doit être léger comme une bulle de champagne… Pour l’acte de création, on peut aller jusqu'à sacrifier pas mal de choses dont notamment des relations d'amour (amitié, partenaire, familiale). Ce sacrifice peut être de temps (moins de temps de partage avec ceux que l'on aime par exemple...) mais cela peut amener à des distanciations (vos parents ne comprennent pas, par exemple, que vous ne fassiez pas un métier sérieux) voire à des ruptures (si par exemple votre compagnon/e refuse que vous écriviez)... Je n’irai pas jusqu’à dire que l’on peut sacrifier sa vie mais quand on voit certains auteurs comme Salman Rushdie on peut le penser. Du reste, l’acte de création princeps qui est pour moi l’accouchement (tiens donc ?) est un acte douloureux et peut entraîner encore maintenant la mort, n’en déplaisent aux pourfendeurs de la science qui refuse la mort, comme si vivre ne renfermait pas le Léthée…

Créer n'est donc pas une affaire de public mais un acte essentiel pour l’âme et pour certains fous et folles dont je fais partie créer nous amène à des « sacrifices ». Mais en même temps et c’est là où le paradoxe entre en jeu, créer est un acte d’offrande et d’offrande à l’autre (pour certains dont je fais partie cela va plus loin c’est aussi à l’univers). Et qui est l’autre si ce n’est le public, le lecteur (…) ? Et là ça se corse car par exemple pour l’écrivain, il faut aussi prendre en compte son lecteur. Virginie Lou dans ses ateliers d’écriture (auxquels j’ai participé et qui m’a énormément aidée à progresser) formulait ce fait, qui pour moi est acquis : « le lecteur est sur votre épaule quand vous écrivez ; ne l’oubliez pas ! » De façon très schématique : Il ne suffit pas d’écrire mais aussi d’être lue…n’est-ce pas un casse-tête que je vous ai donné ? Je pourrai continuer encore mais après deux heures passées sur cet article je m’arrête là… Pour cette fois…




samedi 14 novembre 2020

Vous avez dit écrire?


 

 

Cela fait environ une dizaine de jours que je projette de reprendre mon blog mais avant: il a fallu que j'essaye d'y "rentrer" puis que je me décide à chercher les codes sur mon petit carnet puis que je réalise que "non", je ne les avais pas notés puis que je valide mon incompatibilité avec la réalité actuelle , puis que j'ai l'idée que je pouvais tout à fait chercher les codes par le site. Vous croyez que ça s'arrête là ? Non bien sûr ! J'ai découvert que je ne me rappelais pas de mon identifiant, qui pouvait se demander et qui s'est révélé être un mail obsolète dont les codes , ben ma foi je ne les avais pas, non plus…Et après on dit qu’internet c’est rapide !

Tout ça pour vous dire qu'il m'a fallu beaucoup d'obstination pour vous transmettre cet article et que j'espère par ce témoignage "témoigner" de ma volonté de reprendre là où je m'étais arrêtée. (Et si vous voulez témoigner en retour faites-le !)

Vous avez compris quelque chose ? C’est un peu "obscur" je l’avoue  et je vous (et me dois) une explication. En fait c'est plus une analyse, comme quand on est devant son psy, et (ça ça me connaît puisque j'ai été des deux côtés). Et si je vous la soumets, prenez- le comme une marque d'amitié, pour vous donner à voir l'envers du décor, et aussi rappelez que le processus de création n'est pas linéaire, qu'il nous demande de prendre soin de soi. Voici donc ce billet doux :

Durant environ deux ans je n'arrivais plus à écrire. C'était plutôt cocasse puisque je m'étais exilée de la capitale pour respirer (au sens littéral) et avoir plus de temps à réserver à cet art et reprendre le dessin. Je devais aussi assurer ma couche (et celles des miens) et « gagner ma croûte ». J'étais dans un processus de décroissance donc je n'avais pas besoin de travailler autant, vu que le pain, le toit et les annexes ne sont pas aussi exorbitants qu'à Paris. Je pensais donc pouvoir écrire, dessiner et "occasionnellement" travailler. Et oui il faut bien travailler car l'écriture ne me procure pour l'instant aucun revenu (disons que pour m'acheter des cacahouètes) mais travailler me demandait un gros investissement humain : voyager sur paris deux à trois fois par mois, et... soigner. Or soigner est un art bien que la société tend au contraire (mais ne standardise -t-elle pas même les bébés ?). Le soin, comme l'écriture et la peinture pour moi cela ne s'arrête jamais. La représentation ne s’arrête pas à la représentation. Pour ceux qui ont lû mon roman « Hachikȏ au Pays de la Nuit » sachez qu’il m’a fallu neuf relectures, soient trois années pour juger qu’il était prêt. Et le processus créatif ne s’arrête pas à ma table . L'art accompagne l'artiste dans son quotidien le plus trivial. En épluchant des carottes, je prépare une création. J’ai besoin de temps comme bon nombre d’artistes. C'est ainsi.

Du coup je rentrais épuisée, je continuais à soigner à distance et je tombais dans une spirale qui ne s'arrêtait pas où je n’avais plus la flamme d’écrire ni de dessiner. Et puis il y a deux ans ou plus (ce n'est pas ce qui est important), j'ai été emportée dans le flot d'une inspiration d'une exigence folle et vivifiante: créer des cartes oraculaires. Je pouvais enfin créer à nouveau, et si ce n'était des mots c'étaient des images et j'en étais heureuse je me sentais enfin à nouveau en vie mais une partie de moi me manquait: écrire. Et mon quotidien est devenu : soigner et la peinture, le collage, les "flashs", l'inspiration tumultueuse; mais toujours pas l'écriture comme si le robinet de 'mixed media" m'imposait la fermeture de celui "écriture". 

Quand j'ai fini les cartes j'ai cru retomber dans le désert d'où l'oracle m'avait sortie ( je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières: j'avais pour moi la spiritualité, le chamanisme, la médecine chinoise et une foule d'écrits à explorer, les patients à soigner et puis les miens!) mais l'essentiel me manquait. Un discret souffle est cependant venu toquer à ma Psychée, en la personne de la talentueuse autrice Jeanne Desaubry et de 813. Au cours de la soirée annuelle de cette association des amoureux du polar, elle m'a demandé d'écrire une nouvelle de 500 petits signes  pour un recueil d'auteurs Ska. Dans la nuit, j'ai à nouveau été saisie par l'inspiration. Et j'ai ainsi écrit une histoire dictée par une entité que j'appellerai mon enfant artiste intérieur. Puis, dans la foulée pour que je ne crie pas "victoire" et que je reprenne comme si de rien était, je suis tombée à ce moment malade, une pneumonie (une troisième dans ma noble carrière d'humaine) , plutôt gratinée. Je passerai les détails mais l'univers, la providence où ce que vous souhaiterez y mettre , avait calculé son coup et m'avait donné à lire le Tao, Julia Cameron... Et comme la vie n'est pas un long fleuve tranquille, d'autres épreuves sont venues s'ajouter , en y incluant le confinement bien entendu. Mais je ne veux pas en dire plus, sauf ceci : J’ai ressorti des textes abandonnés dans un tiroir et j'écris. Pour l'actualité: 

  • J'ai ré-ecrit et oublié La nouvelle du Roi pervers qui est fascinante pour moi qui l'est écrit la première fois "en transe"; c'est en relisant Dune qu'elle s'est ré-invitée pour un dernier toilettage. 
  • J'ai enfin fini un conte sordide sur la Belle au Bois Dormant comme je l'appelle qui attend une relecture. 
  • Je fignole un petit zine un tantinet gothique, et je réfléchis à autoédité en micro édition aussi (soit en zine) une petite nouvelle gothique avec un saupoudrage, léger, érotique. 
  • Enfin, ce qui me surprend et est encore en lien avec Jeanne :  pour un nouveau recueil j'ai écrit une nouvelle de 500 mots qui  s'est transformée en novella et finira peut-être par devenir un roman. 
  • Et tout ça en peignant et dessinant. Bien sûr chaque jour n’est pas flamboyant et je passe même par des moments difficiles ; je suis peut-être trop présomptueuse par ce billet mais j'avais envie de partager avec mes lecteurs. Car qu'est-ce qu'un écrivain sans lecteurs je vous le demande ?
 

 

mercredi 15 avril 2020

Dune ou l'avenir de la Terre

 Alors que nombreux sont ceux qui se précipitent sur Camus et "sa" Peste"en cette periode de "pandémie" (je précise du Covid-19, au cas où vous lisiez cet article dans quelques années et que d'autres pandémie ait suivie...), je me suis pour ma part précipité sur "Dune" de Frank Herbert. Impossible d'échapper à cette impulsion. Il fallait que je relise ce chef d'oeuvre (du moins c'est mon sentiment). Je l'ai pourtant déjà lû trois fois depuis ma découverte initialement cinématographique et totalement "extatique" à mes 13 ans du film de David Lynch, qu'il a pourtant renié (comme il est triste d'abandonner ses enfants en bas âge. Heureusement Dune se suffit à elle-même c'est ce qui prouve sa grandeur)... 

Pourquoi devais-je lire "Dune" ? Eh bien je l'ai compris au fil des pages: la planète aride et totalement désertifiée (ou presque) , la bien nommée Arrakis, m'est apparue comme une version de notre planète Terre dans quelques années si nous n'apprenons pas de la leçon que nous donne ce petit virus (qu'on ne me dise pas que le climat n'a rien à voir! ). Franck Herbert est un écrivain inspiré, en ce sens touché par l'Esprit, par une Vision. Je n'avais jamais fait de recherche sur lui et je n'ai pas été étonnée en lisant, après coup, qu'il a été psychanalyste Jungien et qu'il avait des convictions écologiques.
Lire Dune (du moins les deux premiers volumes) peut plonger en état de transe. Une transe où l'aridité, la magie, la méditation, l'eau se mélangent avec les combats la cruauté, la cupidité et les intrigues politiques. Je n'en dis pas plus car quand on sort de transe , le cerveau est cotonneux, on ne trouve pas ses mots car les mots sont réducteurs de l'expérience vécue.

Je vous engage à lire "Dune" et à désirer une planète où nous serons des hommes libres, comme les fremens (free men) loin de cette cupidité, violence, et intrigues politico-économiques. Des hommes libres qui respectent leur planète...

Et en ces temps difficiles, la litanie Bene Guesserit (qu'adolescente j'aimais à répéter) me parait toute indiquée (et ne devrait pas déplaire aux adeptes de la méditation dont je fais partie, du reste cette litanie me fait penser au livre "La peur" de Thich Nhat Han) :

"Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. la peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon oeil interieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi"

mercredi 25 mars 2020

Tao Céleste


Imaginez un pays en détresse. Peut être est-ce plus facile en ce moment , pourtant notre planète était déjà dans cette situation, avant qu'un petit virus d'origine mystérieuse vienne semer la zizanie sur le plan mondial et apporter son lot de malheur et de souffrances. Nous avions les yeux fermés à quelques manifestations près... Attendant que nos dirigeants fassent des bons choix (et nous de ne pas en faire par commodité, peur, inconscience)... Mais revenons à mon histoire, elle est bien plus belle et porteuse d'espoir.


Imaginez un pays où il ne pleut pas depuis des mois, où les fruits de la terre sont terrassés, où celle-ci asséchée s'est écartelée, où les animaux et les hommes sont en bonne voie d'être décimés. In extremis, on dépêche des émissaires à la recherche du Sauveur, comme si le souverain se réveillait et réalisait enfin l'ignominie où était plongé son royaume. Plusieurs héros accoururent proposant des élixirs, des formules magiques, et surtout des tribunaux pour purger les coupables. Comment reconnaissait-on ces criminels ? J'avoue que cette histoire est très ancienne et je n'en sais pas plus. Peut-être avaient-ils les yeux vert, ou bleu ou noisette? Peut-être avaient-ils les seins en poire, le rire cristallin , des fossettes aux joues? Peut-être étaient-ils trop vieux ou trop jeunes, ou vivaient-ils dans une ville méprisée car méprisante ? Peut-être les criminels étaient les contestataires du régime, peut-être vivaient-ils autrement, ou souhaitaient-ils "agir" ou peut-être en demandaient-ils "trop" ? Bref, peut-être avaient-ils l'esprit indomptable ou croyaient-ils à "des sornettes" ?  Toujours est-il que, mis à part les crimes perpétrés au nom de la patrie, le pays continuait à décliner. On aurait oublié son existence et je n'aurai pas pu vous narrer son histoire sans l'intervention d'une mule. Consciencieuse et tenace, bien qu' abandonnée par son jeune maître (qui profita de sa fonction d'émissaire pour s'enfuir du pays), elle ramena un vieil homme d'un voyage de plusieurs lunes. Simplement vêtu et n'ayant qu'un baluchon, le fier roi l'aurait jeté au dehors du palais s'il n'était lui-même désespéré. Après tout, il n'avait plus rien à perdre! Il l'écouta.  L'homme n'avait du reste aucune velléité. Il souhaitait séjourner dans un endroit paisible pour y mener à bien sa tache. Alors que le grand chambellan l'escortait dans une des nombreuses demeures royales (une des plus modeste si on peut la qualifier ainsi), le sage pria son accompagnateur d'arrêter l'attelage au milieu de nulle part. Là, une cabane construite de bric et de broc se maintenait debout au petit bonheur la chance. Récupérant son baluchon, l'étranger s'y engouffra, demandant qu'on ne le dérange sous aucun prétexte. L'escorte attendit. Mais l'homme ne sortit pas, ni le premier jour, ni le second. N'entendant aucun bruit, le chambellan pensa qu'il était mort et décida de se mettre en chemin et ma foi de s'enfuir lui aussi. Il n'avait pas signé pour se sacrifier n'est-ce pas? Mais un son cristallin et des marmonnements qui pouvaient bien être des incantations le détournèrent de son plan. L'idée que l'étranger soit un grand mage lui parut tout à fait plausible, n'était-il pas accoutré comme un vanu-pied? Les contes regorgeaient de puissants magiciens ou de fée qui ne payaient pas de mine! Le chambellan décida qu'il allait suivre l'adage "jamais deux sans trois". Il attendrait encore un jour le vieux fou et puis lèverait le camp si l'homme restait confiné. A l'aube du troisième jour, des nuages envahirent progressivement le ciel et la fraîcheur suivit. Le chambellan et son escorte frémirent. Chacun sentit l'espoir les submerger. Le coeur du chambellan s'emballa comme au temps de sa jeunesse quand il croisait une nouvelle conquête potentielle. Il se surprit à être heureux. La vie affluait dans chaque cellule de son corps. Il découvrait que depuis des années il n'était qu'une pauvre enveloppe vide qui servait ses ambitions et celle de son souverain. Cette prise de conscience semblait être contagieuse. Le cuistot et le palefrenier exultaient. Le vieux sage mit un pied dehors et le ciel s'assombrit. Comme si un chef d'orchestre avait donné le signal, des roulements de tambours du tonnerre éclatèrent suivis par des zébrures mordorées qui déchirèrent le ciel. Des gouttes grosses comme mon poing vinrent se joindre au spectacle. Le chambellan pleurait comme l'enfant qu'il avait été tandis que les deux autres acolytes débutèrent une danse de la joie. Le vieil homme impassible demanda a retrouver la mule qu'il avait pris en affection pour pouvoir rentrer chez lui. Le chambellan resta muet. Il avait parlé tardivement au grand désespoir de ses parents.  Le cuistot qui n'avait pas sa langue dans sa poche se précipita et demanda comment il avait pu faire ce miracle ? Le vieux sage haussa les épaules et répondit : "Le Tao faisait défaut."

Tout est une histoire d'équilibre...Puissions-nous suivre les pas de cet homme et avancer sur un chemin de conscience et de lumière, puissions-nous restituer le Tao ou chercher à le faire...

( Merci à  Klotilde pour l'illustration
et à Nathalie qui m'a soufflé le titre)

lundi 3 septembre 2018

Arcadia, Fabrice Colin

Arcadia de Fabrice Colin est un roman publié, il y a quelques temps déjà, chez Bragelonne dont la couverture donne le ton (c'est que leur couverture sont parfois "mortelles"!). C'est aussi pour elle que j'ai craqué,
d'autant que je voulais lire un roman steampunck. Mais l'est-il vraiment ?
Arcadia, l'intégrale est un roman poétique
où l'on navigue entre deux Mondes,
"attention deux mondes moribonds".
Le roman ne verse pour autant pas dans le mortifère, ni dans le "saisissant".
Peut être pas assez du coup, du moins à mon goût...
Mais Arcadia se veut, du moins au vue des références qui jalonnent le roman et qui pour moi tisse le fil conducteur,
un hommage aux romantiques pré-raphaelites.
Et c'est vrai qu'Arcadia ne manque pas de charme au point où je ne l'ai pas lâchée,
même si je ne suis pas sûre de pouvoir ranger Arcadia dans les romans .
Arcadia ?
Poème, rêve, illusions.

Pour ceux et celles qui l'ont lu: Sous fond de fin du monde, je me suis plus d'une fois endormie dans la chaleur moite, en rêvant que moi j'irai voir du côté des symbolistes au musée d'Orsay abandonné pour m'offrir une toile. Et vous?