mercredi 25 mars 2020





Imaginez un pays en détresse. Peut être est-ce plus facile en ce moment , pourtant notre planète était déjà dans cette situation, avant qu'un petit virus d'origine mystérieuse vienne semer la zizanie sur le plan mondial et apporter son lot de malheur et de souffrances. Nous avions les yeux fermés à quelques manifestations près... Attendant que nos dirigeants fassent des bons choix (et nous de ne pas en faire par commodité, peur, inconscience)... Mais revenons à mon histoire, elle est bien plus belle et porteuse d'espoir.


Imaginez un pays où il ne pleut pas depuis des mois, où les fruits de la terre sont terrassés, où celle-ci asséchée s'est écartelée, où les animaux et les hommes sont en bonne voie d'être décimés. In extremis, on dépêche des émissaires à la recherche du Sauveur, comme si le souverain se réveillait et réalisait enfin l'ignominie où était plongé son royaume. Plusieurs héros accoururent proposant des élixirs, des formules magiques, et surtout des tribunaux pour purger les coupables. Comment reconnaissait-on ces criminels ? J'avoue que cette histoire est très ancienne et je n'en sais pas plus. Peut-être avaient-ils les yeux vert, ou bleu ou noisette? Peut-être avaient-ils les seins en poire, le rire cristallin , des fossettes aux joues? Peut-être étaient-ils trop vieux ou trop jeunes, ou vivaient-ils dans une ville méprisée car méprisante ? Peut-être les criminels étaient les contestataires du régime, peut-être vivaient-ils autrement, ou souhaitaient-ils "agir" ou peut-être en demandaient-ils "trop" ? Bref, peut-être avaient-ils l'esprit indomptable ou croyaient-ils à "des sornettes" ?  Toujours est-il que, mis à part les crimes perpétrés au nom de la patrie, le pays continuait à décliner. On aurait oublié son existence et je n'aurai pas pu vous narrer son histoire sans l'intervention d'une mule. Consciencieuse et tenace, bien qu' abandonnée par son jeune maître (qui profita de sa fonction d'émissaire pour s'enfuir du pays), elle ramena un vieil homme d'un voyage de plusieurs lunes. Simplement vêtu et n'ayant qu'un baluchon, le fier roi l'aurait jeté au dehors du palais s'il n'était lui-même désespéré. Après tout, il n'avait plus rien à perdre! Il l'écouta.  L'homme n'avait du reste aucune velléité. Il souhaitait séjourner dans un endroit paisible pour y mener à bien sa tache. Alors que le grand chambellan l'escortait dans une des nombreuses demeures royales (une des plus modeste si on peut la qualifier ainsi), le sage pria son accompagnateur d'arrêter l'attelage au milieu de nulle part. Là, une cabane construite de bric et de broc se maintenait debout au petit bonheur la chance. Récupérant son baluchon, l'étranger s'y engouffra, demandant qu'on ne le dérange sous aucun prétexte. L'escorte attendit. Mais l'homme ne sortit pas, ni le premier jour, ni le second. N'entendant aucun bruit, le chambellan pensa qu'il était mort et décida de se mettre en chemin et ma foi de s'enfuir lui aussi. Il n'avait pas signé pour se sacrifier n'est-ce pas? Mais un son cristallin et des marmonnements qui pouvaient bien être des incantations le détournèrent de son plan. L'idée que l'étranger soit un grand mage lui parut tout à fait plausible, n'était-il pas accoutré comme un vanu-pied? Les contes regorgeaient de puissants magiciens ou de fée qui ne payaient pas de mine! Le chambellan décida qu'il allait suivre l'adage "jamais deux sans trois". Il attendrait encore un jour le vieux fou et puis lèverait le camp si l'homme restait confiné. A l'aube du troisième jour, des nuages envahirent progressivement le ciel qui s'assombrissait. Le chambellan et son escorte frémirent. Chacun sentit l'espoir les submerger. Le coeur du chambellan s'emballa comme au temps de sa jeunesse quand il croisait une nouvelle conquête potentielle. Il se surprit à être heureux. La vie affluait dans chaque cellule de son corps. Il découvrait que depuis des années il n'était qu'une pauvre enveloppe vide qui servait ses ambitions et celle de son souverain. Cette prise de conscience semblait être contagieuse. Le cuistot et le palefrenier exultaient. A la fin du Troisième jour, le chambellan sentit qu'il devait rester. Il ne pouvait pas l'expliquer mais c'était ainsi. Il n'était pourtant pas habillé pour les circonstances, l'air s'était rafraîchit. Au quatrième jour, après trois jours et trois nuits, le vieux sage mit un pied dehors et le ciel s'assombrit. Comme si un chef d'orchestre avait donné le signal, des roulements de tambours du tonnerre éclatèrent suivis par des zébrures mordorées qui déchirèrent le ciel. Des gouttes grosses comme mon poing vinrent se joindre au spectacle. Le chambellan pleurait comme l'enfant qu'il avait été tandis que les deux autres acolytes débutèrent une danse de la joie. Le vieil homme impassible demanda a retrouver la mule qu'il avait pris en affection pour pouvoir rentrer chez lui. Le chambellan resta muet. Il avait parlé tardivement au grand désespoir de ses parents.  Le cuistot qui n'avait pas sa langue dans sa poche se précipita et demanda comment il avait pu faire ce miracle ? Le vieux sage haussa les épaules et répondit : "Le Tao faisait défaut."

Tout est une histoire d'équilibre...Puissions-nous suivre les pas de cet homme et avancer sur un chemin de conscience et de lumière, puissions-nous restituer le Tao ou chercher à le faire...

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