mardi 23 août 2022

Recueil de nouvelles en devenir...

 


 Tout doucement je reviens à l’écriture…

Les raisons sont simples : j’écris une Newsletter pour mon acolyte Linné in the Moon depuis maintenant une année, à laquelle je prends plaisir. Le plaisir voilà quelque chose d’important, plaisir personnel sans attente, juste d’être lue. Est-ce la seule raison ? Toujours est-il que, cet été, je me suis lancée dans l’écriture d’un guide pour mon oracle Light in the Darkness (sorti en juin). L’impulsion a été immédiate mais la suite n’a pas été simple, je piétinais j’avoue, il a fallu que je me dise « OK ce ne sera pas conventionnel » pour que je me libère. Comme quoi, bien que je sois au fait et, en accord avec ma singularité (du moins je le crois eheheh), il reste toujours des zones à explorer et libérer. Le goût de raconter revient aussi, surtout grâce à un stage effectué avec des gens merveilleux, percutants et authentiques (il y avait notamment Hélène Loup, conteuse exceptionnelle: son blog ici) sous la houlette d’un grand conteur, barde de surcroît, Patrick Fischmann (site ici). Un pur moment de réenchantement…

Alors le goût des histoires (et des miennes) revenant, j’ai décidé de faire un recueil de mes nouvelles, antérieurement éditées ou pas, dans le domaine de l’imaginaire « magique » au sens large (je ne m’encombre pas des dénominateurs). Le recueil devrait être publié fin 2022. Voilà où j’en suis, en espérant avancer sur l’écriture (ne serait-ce car des bébés attendent) mais raconter me plaît beaucoup (oralement j’entends), plus encore que de passer des heures devant mon ordinateur… Donc je verrai bien ce qu’il en sortira. Pour l’heure je voulais vous faire ce petit retour après un peu plus d’une année muette ici, et je vous souhaite une belle fin d’été.

(photo d'un dessin à l'encre Linné in the Moon)

dimanche 9 mai 2021

Seul sur ma patère, petit conte bizarre de votre obligée :)


 Voilà le bébé a deux jours et je me rends compte ne pas avoir fait une petite bafouille ! C'est ainsi que j'oublie de faire echo à la sortie de plusieurs de mes nouvelles depuis un moment... 

Ce petit conte " Seul sur ma patère" a pris dix ans pour paraître en microédition, vue qu'il fallait l'illustrer , savoir comment utiliser un peu une application de bidouillage d'images et de mise en page, enfin avoir l'énergie et le temps... J'avais gardé la matière mais il n'y avait plus qu'à! Et c'est chose faite, d'autant que d'autres histoires du même registre , un brin Burtonnien, attendent leur tour et trépignent d'impatience... Je me suis bien amusée à le faire et j'espère que vous aurez autant de plaisir à le lire. S'il y avait des festivals j'emmènerai quelques exemplaires mais pour l'heure, j'ai décidé de vous en faire profiter en le téléchargeant en pdf de qualité vous permettant de l'imprimer en format A4 ou même -soyons fous!- A3. L'histoire douce amère est celle d'un coeur à prendre... Si vous voulez voir les images vous pouvez vous rendre sur mon instagram @linnelharsson. Enfin pour vous le procurer vous n'avez qu'à cliquer ICI ce qui vous téléportera sur le site de Linné in The Moon, l'illustratrice et alter ego. Nous sommes comme qui dirait des soeurs siamoises... Tiens siamoises, me fait penser à quelque chose... Mais je ne vous en dis pas plus.

samedi 1 mai 2021

lecture: La carte et le territoire, Michel Houellebecq

Oyez cette petite chronique date d'août 2016 et je ne l'avais pas publiée. Pourquoi ? Allez savoir avec moi j'attends puis j'oublie, je déprime ou je me dégonfle ou que sais-je... Mais je suis retombée ce matin dessus et je me suis dit "quand même pourquoi ne pas en faire profiter celles et ceux qui passent par ici". C'est donc chose réparée. D'autant que le propos est d'actualité. Un propos qui tournerait autour du sens de notre vie. Bon il est vrai que nous sommes le 1er mai, la fête du travail, celle de Beltaine, le printemps... Alors pourquoi parler aujourd'hui de ce roman? Par ce que je suis passée par là, parce que parfois quand on aime on parle de ce qui ne va pas... Bonne lecture....

"Non vraiment je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai ouvert ce bouquin hautement conseillé par une amie auteur et j'ai lu deux cents pages sans m'en rendre compte. Pourtant je n'aime pas l'écriture de Michel Houellebecq, nous ne partageons pas le même "imaginaire" voilà tout. J'ai pourtant lu "Extension du domaine de la lutte" à sa sortie "car il fallait le lire" et, et après quelques tentatives pour lire les particules élémentaires et la possibilité d'une île qu'on m'encensait, j'ai déclaré forfait. Non je ne peux pas lire cet auteur, c'est ainsi. Alors que s'est-il passé? D'autant que le titre "La carte et le territoire" n'est pas ma tasse de thé.
Mais que voulez-vous? Une rencontre, un regard et on se retrouve dans les bras d'un inconnu, un coup de folie. Bon moi mon coup de folie est celui-ci : Avoir lu ce bouquin jusqu'au bout. Mais cette fois-ci, je n'en ai aucunement souffert, la lecture était fluide, j'ai pu respirer... Peut-être est-ce dû aussi aux émotions que j'ai senti poindre. Ce doit être ça qui m'a plu. Le protagoniste, un artiste-peintre-plasticien, est un homme intéressant portant un regard sur notre vie, notre quotidien.
Dieu que c'est grotesque la vie : les supermarchés, les émissions de télévision, l'art hors de prix. Houellebecque nous livre un portrait amer. Il joue lui aussi un rôle dramatique...où le bonheur lui est refusé.
La carte et le territoire est un relevé sans concessions, dépressif de notre réalité, une réalité médiocre, sans poésie, dominée par la télévision. Une réalité avant de finir dans une boîte."

J'ajouterai en 2021 ceci :le propos est dépressif car il lève le voile mais n'apporte pas de réponses, de propositions. Mais "M..." ce roman n’est pas un produit de consommation, il n’est pas non plus politiquement correct. Eh ça, ça fait du bien. 

Un peu d'info sur le titre qui m'a fait bien rigoler: cliquer ici


vendredi 29 janvier 2021

Fahrenheit 451: une dystopie à revoir et lire...

 


Certaines œuvres ne tiennent pas l’épreuve du temps, d’autres se redécouvrent, prennent de l’épaisseur (bref sont intemporelles). C’est le cas de « Fahrenheit 451 » de Ray Bradbury , et plus exactement ici de son adaptation au cinéma par François Truffeau.

Pour ce qui est de la SF, j’avoue que Ray Bradbury est ma première référence. Ses nouvelles (et ses courts romans) véhiculent en eux une certaine poésie qui m’émeut terriblement. Je ne suis pas sensible à la « hard SF ». Ce qui m’intéresse au fond c’est l’humain, surtout l’humain et son rapport à l’autre, à lui, au monde, à la vie. J’ai lu une bonne dizaine de fois « Les Chroniques Martiennes », je l’ai prêté et perdu plusieurs fois (signe que ce livre ne laisse pas indifférent 😊), mais c’est au cinéma que j’ai découvert « Fahrenheit 451 »qui, dans ma mémoire est assez fidèle au roman . À l’époque, adolescente j’avais été surtout séduite par le caractère « rétrofuturiste » du film, mais si le sujet m’ importait , je préférais de loin « 1984 » le roman de Georges Orwell.

Pour autant, dans ces temps troublés, « Fahrenheit 451 » m’a fait de l’oeil et , après visionnage, j’admets volontiers que le film a gagné (à mon sens) en puissance… Ce qui me fait, du reste entrevoir de manière plus affective qu’intellectuelle, l’importance de l’accueil d’une œuvre artistique en fonction du contexte…

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas l’histoire de « Fahrenheit 451 », le résumé est assez simple : « c’est l’histoire de la prise de conscience d’un homme qu’il vit dans une société aliénante » . Pourtant, « Fahrenheit 451 » ne traite que d’un aspect de cette société et un aspect qui est, à bien des égards, considéré actuellement comme « non essentiel », à savoir la lecture, et donc les œuvres littéraires (et au fond les autrices et auteurs) (mais c'est qu'il n'ont pas lu mon interview avec G; Gale "L'art soigne l'âme"). Dans la société imaginée par Ray Bradbury les livres sont jugés « nuisibles » et donc systématiquement « traqués » et brûlés par des brigades habillées en « pompiers », tandis que les détenteurs sont récupérés par la police. L’auteur n’a pas eu à aller chercher loin, me direz-vous, il n’avait qu’à s’inspirer des pratiques de certains pays totalitaires du XXe siècle. Ces pays discriminaient néanmoins deux types d’art. D’une part, l’art qui était « dans la ligne droite du parti (unique ) » ; les œuvres, du reste, étaient mandatées par le parti lui-même pour sa propagande (je vous rappelle que c’est l’ancêtre de la publicité) . D’autre part, l’art qui était considéré comme « dégénéré » car « subversif » et critique envers le parti et qui devait donc être réduit au silence, tandis que ces auteurs étaient jetés en prison, internés en psychiatrie, envoyés au goulag et j’en passe et des meilleurs… « Fahrenheit 451 » en tant que dystopie s’inspirait fortement de ces pratiques totalitaires et m’avait paru « à l’époque » quelque peu simpliste alors qu’il soulignait l’importance de l’art. J’étais bien naïve ! D’autant que j’avais fait l’impasse sur un autre aspect important : si les livres sont brûlés c’est qu’ils font souffrir. Au fond la société de « Fahrenheit 451 » se veut utopique. Les livres (que ce soient fictions, poésie ou encore essais mais au fond toute forme d’art) apportent du conflit aux âmes, suscitent des émotions ou les réveillent et c’est inacceptable. On doit être heureux, heureux à en être anesthésié . Cette société refuse tellement la souffrance (et la critique mais ça les bons citoyens n’en ont pas conscience) que les livres sont brûlés et que toute forme narrative est expurgée de conflit. Car la société de « Fahrenheit 451 » veut notre bien. Et il est vrai que « Fahrenheit 451 » diffère de « 1984 ». Les citoyens vivent plutôt bien dans leur maison avec jardin. Il ne semble pas y avoir de guerre ou de rationnements, les enfants jouent dans les squares, etc. Or pour autant les gens ne sont pas heureux. Dans les lieux publics, on en voit s’auto-stimuler par des caresses, d’autres, comme l’épouse du protagoniste, usent et abusent de médications intempestives jusqu’au surdosage. Ce dernier est si fréquent qu’il existe des équipes médicales qui se déplacent au domicile pour quasiment « réparer » la victime. On les répare sans les aider à trouver les raisons de ce surdosage. Le surdosage existe voilà tout, pourquoi se poser des questions, n’est-ce pas ? Mais les médicaments ne sont pas les seuls à procurer une échappatoire, il y a aussi la télévision et l’épouse, passe ses journées devant la chaîne unique à s’abrutir. Son aspiration comme tant d’autres est d’avoir plus d’un écran, chez elle. Tiens donc …

Je pourrai continuer à analyser ce chef-d’œuvre qui met en lumière tant de choses (l'importance du "story telling" par exemple...) mais je m’arrêterai là. Je tiens juste à préciser un fait : l’épouse du protagoniste est une bonne citoyenne, totalement conformiste elle dénonce son époux pour avoir fauté à lire des livres…